Les variables à étudier pour évaluer la fertilité des sols :
C’est parti pour le tour des principales variables en 4 parties !
Pourquoi 4 ? Parce que la fertilité d’un sol repose sur 4 piliers, qui s’étudient dans un ordre précis.
1️⃣ Le premier : le pilier physique.
On évalue les caractéristiques physiques du sol : structure, masse de terre fine, pierrosité, granulométrie… en clair tout ce qui influence le développement des racines, ou la circulation de l’air et de l’eau dans le sol !
Plusieurs méthodes existent selon ce que l’on veut mesurer : densité apparente, sondage tarrière, test bêche, profil pédologique,…
👉 Pour un bilan rapide et efficace de l’état physique de vos sols, voir notre article sur la méthode SPEED : Méthode de diagnostic de la structure physique d’un sol : SPEED
Cette méthode consiste à observer 5 critères principaux, dans chaque horizon de sol lors d’un mini profil 3D ou d’une fosse :
- la porosité de surface,
- la planéité de surface,
- la friabilité,
- la taille des éléments obtenus en testant la friabilité,
- la taille des agrégats.
🎯 On conclut sur l’état du sol et sa capacité à être “amélioré” :
- absence de contraintes physiques pour la culture suivante sur la structure du sol,
- dysfonctionnements significatifs sans conséquences majeures,
- dysfonctionnements significatifs nécessitant réparation,
- contraintes majeures préjudiciables.
👩🌾 Le but : assurer un bon développement des racines, une bonne circulation de l’air et de l’eau, et un environnement physique favorable aux réactions biochimiques. L’état physique influence tout ce qu’il se passe dans le sol, c’est pour cela que ce pilier est à étudier (et corriger si besoin) en premier !
2️⃣ Ensuite : le statut acido-basique !
🧪 C’est un ensemble d’indicateurs (pH, CEC et sa saturation, teneur en carbonates…) qui permet notamment de déterminer les besoins en chaulage de la parcelle. Beaucoup d’éléments minéraux sont très sensibles aux variations du pH. S’il est trop acide ou trop basique, les éléments ne pourront pas être bien absorbés par les plantes. C’est un peu comme ajuster la température de sa maison : c’est nécessaire pour être confortable et fonctionnel !
👉 Exemple du fer :
- si le pH est acide, le fer est très soluble et donc très disponible pour les plantes.
- si le pH est basique, il est très peu soluble et donc peu disponible. Le manque de disponibilité entraine la carence et générer des symptômes sur feuilles appelées chloroses ferriques.
💡 Rappelons ici que les plantes ne “filtrent” pas tous les éléments qu’elles absorbent ! Elles “boivent l’eau du sol” et un bon nombre de minéraux entrent passivement dans le végétal. C’est le cas de la plupart de cations qui suivent le gradient de potentiel électro-chimique. Résultat : si la disponibilité des nutriments dans le sol est déséquilibrée, la nutrition des cultures le sera aussi…
🎯 On vise en général un pH entre 6 et 7, où les nutriments essentiels sont disponibles et équilibrés, et la vie du sol est optimisée. Cependant, le pH dans les sols n’est pas toujours naturellement compris dans cette gamme de valeur. Il peut être compris entre 7 et 8.5/9, on dit qu’il est basique. Il peut aussi être acide quand il est inférieur à 6 (il descend très rarement en dessous de 4.5 en France métropolitaine).
Un pilotage du statut acido-basique est alors nécessaire. Si le pH est acide, on peut l’augmenter grâce au chaulage. En revanche, on ne peut pas l’abaisser lorsqu’il est basique. Il faudra donc adapter les cultures et surveiller les carences en éléments minéraux !
👨🌾 Ce pilier acido-basique doit être géré en 2ème, afin de garantir les meilleures conditions pour l’activité microbienne.
3️⃣ Le 3ème pilier est l’organo-biologique (notre dada à Celesta-lab !)
3 analyses permettent un diagnostic plus fin et plus applicable que le simple pourcentage de matière organique (MO) :
- Le fractionnement granulométrique de la matière organique (MO), pour évaluer les stocks de carbone et d’azote, et leur état. On mesure 2 fractions :
🧪 la MO libre (fonction de buffet pour la vie du sol),
🧪 la MO liée (fonction d’habitat pour la vie du sol).
Pour chaque fraction, on mesure le rapport C/N. Il traduit l’évolution des MO : jeune, vieille, bloquée…
- La biomasse microbienne (BM), pour caractériser la quantité de vie microscopique du sol.
🦠 Constituée de bactéries, champignons, protozoaires…, la BM consomme les matières organiques. Puis elle les transforme en éléments minéraux et en gaz (CO2 principalement) : c’est le processus de minéralisation. Les éléments ainsi minéralisés alimentent ensuite les plantes. La BM a donc un rôle indirect dans la nutrition des plantes : 100% de l’azote minéral hors fertilisation provient de ce processus biologique !
🧫 Obtenue par la méthode de fumigation au chloroforme, la mesure de cette BM est suffisamment stable dans le temps pour permettre du conseil agronomique, et suffisamment sensible pour témoigner de pratiques régénératives après 2-3 ans.
- La cinétique de minéralisation du carbone et de l’azote, pour caractériser l’activité de la biomasse microbienne.
🦠 La minéralisation correspond à la respiration de la BM en activité. Elle est donc corrélée directement à la qualité du buffet et du gîte.
🧫 Le gaz émis par la BM (CO2) témoigne de la digestibilité des MO. Dans ce processus, de l’azote minéral est produit : il est également mesuré et permet d’anticiper la fourniture potentielle pour les cultures à venir.
🪱 Nous avons sélectionné le set d’indicateurs qui nous semble le plus performant pour comprendre et piloter le fonctionnement organique et biologique du sol. Il en existe bien d’autres selon les besoins : carbone labile au KMnO4, quantification des vers de terre, des nématodes, bilan humique…
4️⃣ On s’intéresse en dernier au stock minéral. C’est ce que l’on appelle généralement “l’analyse chimique”
Il s’agit du stock de minéraux dit “assimilables” : susceptibles d’être captés par les plantes. Ces minéraux sont issus de la minéralisation de la matière organique, des échanges avec les phases solides “adsorbantes du sol” par exemple les feuillets d’argiles, mais aussi de l’altération lente de la fraction minérale du sol (roche, cailloux, sables, limons, argiles…).
On parle ici de l’azote (N), du phosphore (P), du potassium (K), du magnésium (Mg) et de tous les autres atomes indispensables à la pousse des plantes, qu’elle ne peut trouver que dans le sol.
Il en existe 14 au total : azote, phosphore, potassium, calcium, magnésium, soufre, fer, bore, manganèse, molybdène, chlore, cuivre, zinc, nickel.
🎯 Le but : s’assurer que dans le sol, il n’y ait ni trop, ni trop peu de ces éléments afin d’assurer une nutrition équilibrée.
La présence au sol est la base de la nutrition des plantes.
Mais présence ne garantit pas disponibilité, car de nombreux phénomènes viennent nuancer l’assimilation : régime hydrique, qualité d’enracinement, antagonismes, capacités génétiques de la plante, activité biologique dans la rhizosphère, mycorhizes…
💡 La bonne nouvelle dans tout ça : à Celesta-lab, on peut vous aider dans le pilotage de la fertilité de vos sols, et dans la réalisation des analyses nécessaires. Découvrez nos activités sur notre site, et contactez-nous pour faire le point sur vos besoins 💡
👨🌾 PS : oui, on ne fait qu’effleurer la surface avec cet article qui mériterait un livre entier… Abonnez-vous à notre compte LinkedIn pour accéder à plus de contenu pédagogique régulier ! 👉 https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7262705822546219008